Le mot de la semaine

« Regardez-y de près, et vous verrez que le mot liberté est un mot vide de sens ; qu'il n'y a point, et qu'il ne peut y avoir d'êtres libres ; nous ne sommes que ce qui convient à l'ordre général, à l'organisation, à l'éducation et à la chaîne des événements. Voilà ce qui dispose de nous invinciblement [...]. Ce qui nous trompe, c'est la prodigieuse variété de nos actions, jointe à l'habitude que nous avons prise tout en naissant de confondre le volontaire avec le libre. »

Diderot
, Lettre à Landois, 29 juin 1756
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A propos du Challenge ABC 2009 et de la prétendue interdiction de publier ses avis avant 2009.


A tous(toutes) les challengeurs(euses) 2009 :

On peut lire, sur le blog du Challenge ABC 2009, cette étrange remontrance adressée à une personne qui a déjà donné une chronique d'un ouvrage de son challenge alors que, ô malheur, nous ne sommes pas encore en 2009 ! Voici la remontrance en question : "J'ai dit qu'on pouvait, si vraiment c'était trop dur, commencer à lire ... mais je n'ai pas dit que l'on pouvait publier son avis avant 2009 ..." L'auteur en est l'organisatrice de cette année : Miss Giny, à qui j'aimerais adresser ce message :

Miss Giny, je ne vois vraiment pas en quoi tu as le droit de décider s'il est légitime de publier ou non son avis avant 2009.

Le challenge ABC est avant tout un défi qu'on se lance à soi-même : en tant que tel, on peut le commencer et publier ses avis quand on veut, où l'on veut, sur les ouvrages que l'on veut. Si on le commence mi-décembre, le défi peut être tout simplement de le finir avant mi-décembre de l'année suivante - ou pas - pour rester dans la limite d'une année.

Le fait d'organiser ne donne aucune légitimité à édicter des "lois" ou des "règles" : il s'agit simplement de réunir en un même endroit toutes les personnes qui se lancent ce même défi, afin de rendre possible émulation, découverte, et soutient mutuel. Tu n'es pas Dieu, et c'est heureux pour les challengeurs : ce n'est pas un maître que les internautes viennent chercher ici. Ce serait une démarche idiote et masochiste, qu'il serait idiot de faire comme de croire possible.

Challengeurs(euses), si vous m'en croyez, lisez et publiez dès le moment qui vous convient : votre challenge est un pacte de lecture entre vous et vous, personne n'a d'interdit à formuler, à part vous, sur votre propre challenge - et pas sur celui des autres.

Aristobullement,

Antisthène Ocyrhoé.

" Plus belle la vie menacée ! "


" Plus belle la vie menacée : les fans se mobilisent, soutenons-les !"


Cela fait maintenant un bon moment que je n'ai rien posté sur ce site, et, à vrai dire, je ne pensais pas reprendre la plume aussi tôt. Mais après ce que je viens de lire, je ressens un besoin violent et primitif de vomir mon dégout des êtres calculables, égoïstes et stupidement consuméristes produits par notre société. La citation qui ouvre cet article, je la tire du journal TV qu'achète mes parents, et sur lequel mes yeux ont eu le malheur de se poser : en voyant ce gros titre, j'ai flairé l'article délirant de crétinerie, alors je n'ai pas pu résister. A croire que j'aime me faire du mal. Et je n'ai pas été déçu : ç'a été encore plus "haynaurme" que le jour où j'ai vu toute une page consacrée à la mort du chien de Michel Drucker...

Venons en aux faits. De quoi s'agit-il ? C'est simple : En janvier, plus de publicités sur le service public. Conséquence : les programmes vont être avancés, et Plus belle la vie devrait alors être diffusée vers 20h10 sur FR3, concurrençant les grands J.T. de TF1 et de FR2. Comme PBLV pèse quelques six millions de téléspectateurs quotidiens, TF1 craint pour l'audience de son JT. L'idée émise est, en gros, que les gens ne devraient pas avoir à choisir entre un divertissement comme PBLV et le journal d'informations : suggestion a donc été faite de déplacer la série. Et là, c'est le drame : l'idée déchaine tous les feux de l'enfer, les fans crachent sur TF1, accablent la chaîne de toutes les injures possibles et imaginables, menacés qu'ils se sentent dans leur dépendance plusbellelaviste. Et, ce qui est encore plus fort : le magazine TV Télé 2 semaines nous invite à soutenir ce mouvement de révoltés encéphalo-déficients ! J'aime cette presse qui se donne des airs de Robin des Bois en soutenant des causes qui ne menacent rien ni personne...

Bien, voilà pour les généralités. Dans le détail ? Les fans se sont mis dans la tête que TF1 voulait supprimer Plus belle la vie - ce qui est faux - et des pétitions circulent sur le net pour sauver la série !!! D'après les fans TF1 serait "jalouse du succès de PBLV", n'aurait pas à "pénaliser une série qui DOIT continuer", ménerait une "campagne anti-PBLV ridicule", etc., etc.

* STOP !!!!
*

Non mais là, c'est du délire total ! Et cette campagne pour que PBLV ne soit pas déplacée (et non pas supprimée), n'est-ce pas profondément ridicule ?!? Le fond du problème, c'est que les lobotomisés adeptes de séries en conserve ont peur de perdre leur petit univers de substitution... C'est tellement facile de fuir la réalité pour un univers formaté dans lequel on a pas besoin de réfléchir, dans lequel on a d'ailleurs à peine besoin de sentir et d'exister. C'est si doux, si tranquille... Là-bas tout n'est qu'ordre et beauté, calme, luxe et volupté... Le pire, c'est qu'ils n'ont même pas honte. L'un de gémir : "Ne nous privez pas d'un moment agréable. Ce n'est pas parce que PBLV est supprimé que nous allons regarder le JT qui nous plonge dans un monde maussade et difficile." et une autre d'affirmer : "Cette série est regardée par des milliers de personnes qui n'attendent qu'une chose, un peu de distraction au milieu de cette morosité. Nous ne regarderons pas les journaux." Résumons la thèse de cette mouvance intellectuelle majeure autant que nouvelle : le monde est morose, maussade, difficile : il faut donc le fuir... par le biais d'une série de divertissement à grand succès, pur produit du système économique ultra-libéral qui a conduit le monde à être ce qu'il est !

Que les choses soient claires : je n'ai en aucun cas envie de prendre la défense de TF1, ni de vanter les mérites inexistants de son journal de désinformation généralisée, mais je trouve que ce vaste mouvement mis en branle pour une cause inepte, et relayé par la "presse" à grand tirage est consternant. On a envie de pleurer de rage devant tant de stupidité! Rien que l'audience de cette série me ferait haïr le genre humain : six millions de spectateurs ! Nous rougissons de ce chiffre quand on sait le peu de gens qui connaissaient Baudelaire de son vivant, nous rougissons de cette audience quand on sait le petit nombre de spectateurs devant lesquels Adamov et Ionesco faisaient représenter leurs premières pièces ! (15 spectateurs par soirée pour la Parodie d'Adamov, 12 pour les Chaises d'Ionesco !!!). Mais là... encore plus que l'audience : ce mouvement, cette animation, cette énergie, ces pétitions !!! "les fans se mobilisent"... - et les esprits s'immobilisent. Mais tout cela est bien. Mobilisez-vous ! Dépensez le peu d'énergie qui reste dans vos corps débiles et vos esprits inertes pour la seule cause qui , peut-être, puisse encore vous émouvoir sincèrement... Au moins, pendant ce temps-là, vous vous sentirez un peu vivant, un peu hors de votre coma... pour un moment, pour un moment seulement... mais ce sera toujours ça, n'est-ce pas ?


Je m'excuse mais il faut que ça sorte, pour toutes les fois où je me suis tu devant de pareilles inepties : puissiez-vous ne jamais prendre conscience de la misère intellectuelle dans laquelle il faut être tombé pour donner une once d'énergie à une cause aussi ridicule ! Dans le cas contraire, je crains qu'il ne vous reste d'alternative qu'entre le canon d'un révolver et l'étreinte d'une corde... Ou plutôt si, prenez-en conscience, et sortez de votre connerie une bonne fois pour toute !

Tout de même, n'est-ce pas admirable ? Quel ingénieux système que celui qui détruit les esprits, les aliènent, et, dans le même temps leur fournit la drogue pour les maintenir dans la plus pure léthargie ! Dites-moi franchement : n'avez-vous jamais eu l'impression que les séries télés, les matchs de foot, les émissions de divertissement et toutes ces choses étaient faites pour détourner l'énergie et l'intelligence des foules vers des sujets sans intérêts, pour les (main)tenir à l'écart, intellectuellement, de l'essentiel : de la politique et de la participation active et citoyenne à l'élaboration d'un bien commun non-oublieux du respect des individus ? Allez... vous pouvez me dire que ça vous est déjà venu à l'esprit... même si vous avez repoussé l'idée parce qu'elle vous semblait insoutenable, je suis sûr que vous en avez déjà eu conscience... Selon Gille Deleuze, même la personne la plus stupide au monde s'est demandée au moins une fois : "Ne serais-je pas passer à côté de tout ? N'aurais-je pas raté ma vie ?"...



* S'il vous plait, j'ai mal à l'existence... encore un peu de morphine... encore un peu de Plus belle la vie ! *

Dans notre société, il faut avoir honte de droguer son corps, mais on a le droit d'être fier de droguer son intelligence, et l'on n'hésite pas à le faire savoir : on a bien raison, la presse est avec nous... le système lui-même semble être avec nous... et pour cause !
En tout cas, la leçon semble claire pour les dirigeants de TF1 : qu'on ne s'avise pas de supprimer la drogue, ni même de vouloir déplacer son horaire, même pour les meilleures raisons du monde : le manque, même si il n'est qu'anticipé, est générateur de maux redoutables dont nous avons vite vu se déployer les premiers symptômes : crises, peurs, révolte, indignations puis les insultes, les menaces, les pétitions... Il y a deux siècles, Stendhal écrivait déjà : " Nous avons des habitudes ; choquez ces habitudes, et nous ne serons sensibles pendant longtemps qu'à la contrariété qu'on nous donne. "

Pour ne pas conclure, puisqu'il ne faut pas voir tout en noir, regardons le bon côté des choses : voilà trouvé le moyen d'en finir avec la faim dans le monde : menaçons de supprimer PBLV si chaque fan ne verse pas une somme de 200€ par an pour nourrir le tiers-monde, et le tour est joué ! Idem pour la crise du logement : que chaque "fan" de PBLV se "mobilise" en hébergeant un sans-abris, faute de quoi PBLV passe à la trappe ! C'est simple comme moustache. Si simple, qu'on se demande pourquoi nous n'avons pas pensé plus tôt à exploiter humanitairement l'incroyable frénésie irrationnelle provoquée par cette série pour venir à bout des maux et problèmes d'un monde réputé si "difficile" et si"morose"...

Misanthropiquement votre,

Antisthène Ocyrhoé.

Les mots de la semaine.


Il est dommage que les paroles choisies de manière hebdomadaire disparaissent une fois la semaine achevée, comme si elles ne pouvaient plus être source de méditation pour nous ; aussi je crée ce billet pour les consigner au fur et à mesure de leur parution/disparition. Pour l'instant, le billet ne sera pas à jour, car il me faudrait retrouver les citations utilisées depuis la création du blog. Je compte bien le faire, mais cela me demandera un peu de temps, temps dont je ne suis pas sûr de disposer actuellement - vive les examens...


* Semaine du 10 Juillet au 17 Juillet :

« Vêtements, cosmétiques... Dans la multitude des produits proposés, chacun est dit "libre" de se créer, de s'inventer, de faire son choix. Paradoxalement, la pression exercée est telle qu'il est évidemment impossible de ne pas "choisir". Il faut se "faire plaisir", tout en sachant qu'un corps fin, une peau nette, une silhouette tonique, un organisme en bonne santé restent des clefs d'approbation collective et de valorisation sociale.

L'articulation entre individualisme et norme se fait par la notion de culpabilité. Le sujet est coupable quand son corps faillit, quand la maladie apparaît, quand l'esthétique n'est pas au rendez-vous. Reprenons la pensée de J.-P. Sartre : c'est parce qu'il y a liberté qu'il y a responsabilité, donc possibilité d'une faute, c'est-à-dire culpabilisation. Sans cette culpabilité, l'individualisme ne peut s'accorder avec le déploiement de normes, la production de soi avec des recommandations collectives. »

Isabelle Quéval.

* Semaine du 3 Juillet au 10 Juillet :

« Accéder aux Lumières consiste pour l'homme à sortir de la minorité où il se trouve par sa propre faute. Être mineur, c'est être incapable de se servir de son propre entendement sans la direction d'un autre. L'homme est par sa propre faute dans cet état de minorité quand ce n'est pas le manque d'entendement qui en est la cause mais le manque de décision et de courage à se servir de son entendement sans la direction d'un autre. Sapere Aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières. »

Kant, Qu'est-ce que les Lumières ?

* Semaine du 26 Juin au 3 Juillet :

« Tous les pouvoirs sans exception s'étendent par leur nature et ne pensent jamais qu'à s'étendre ; en sorte que, dès que la résistance des gouvernés ne s'exerce plus, par cela seul l'arbitraire les tient. »

Alain, Propos.

* Semaine du 19 Juin au 26 Juin :

« Un Être Humain n'est qu'une partie, limitée dans le temps et dans l'espace, du Tout que nous appelons "l'Univers". Cependant il considère sa personne, sa pensée, ses sentiments comme une entité séparée. C'est là une sorte d'illusion d'optique, une illusion qui nous enferme dans une espèce de prison, puisque nous n'y voyons que nos propres aspirations et que nous ne donnons notre affection qu'au petit nombre de personnes qui nous sont les plus proches. Il est de notre devoir de sortir de ces étroites limites et d'ouvrir notre cœur à tous les êtres vivants et à la nature entière dans sa magnificence. Nul n'est capable d'atteindre pleinement ce but, mais nos efforts pour y parvenir contribuent à nous libérer et à nous apporter la sécurité intérieure. »

(Attribuée à) Albert Einstein.

* Semaine du 12 Juin au 19 Juin :

« Nous devons accepter notre existence, aussi complètement qu'il est possible. Tout, même l'inconcevable, doit devenir possible. Au fond, le seul courage qui nous est demandé, c'est de faire face à l'étrange, au merveilleux, à l'inexplicable... La peur de l'inexplicable n'a pas seulement appauvri l'existence de l'individu, mais encore les rapports d'homme à homme, elle les a soustraits au fleuve des possibilités infinies, pour les abriter en quelque lieu sûr de la rive. »

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

* Semaine du 5 Juin au 12 Juin :

« La plupart des gens s'imaginent que la philosophie consiste à discuter du haut d'une chaire et à faire des cours sur des textes. Mais ce qui échappe totalement à ces gens-là, c'est la philosophie ininterrompue que l'on voit s'exercer chaque jour d'une manière parfaitement égale à elle-même. [...] Socrate ne faisait pas disposer des gradins pour les auditeurs, il ne s'asseyait pas sur une chaire professorale ; il n'avait pas d'horaire fixe pour discuter ou se promener avec ses disciples. Mais c'est en plaisantant parfois avec ceux-ci, ou en buvant, ou en allant à l'Agora avec eux, et finalement en allant en prison et en buvant le poison, qu'il a philosophé. Il fut le premier à montrer que, en tout temps et en tout endroit, dans tout ce qui nous arrive et dans tout ce que nous faisons, la vie quotidienne donne la possibilité de philosopher. »

Plutarque.

* Semaine du 29 Mai au 5 Juin :


« La notion de "Dieu" a été inventée comme antithèse de la vie - en elle se résume, en une unité épouvantable, tout ce qui est nuisible, vénéneux, calomniateur, toute haine de la vie. La notion de "l'au-delà", de "monde vrai" n'a été inventée que pour déprécier le seul monde qu'il y ait - pour ne plus conserver à notre réalité terrestre aucun but, aucune raison, aucune tâche ! La notion d'"âme immortelle", a été inventée pour mépriser le corps, pour le rendre malade - "sacré" - pour apporter à toute chose qui méritent le sérieux dans la vie - les questions d'alimentation, de logement, de régime intellectuel, les soins à donner aux malades, la propreté, le temps qu'il fait - la plus épouvantable insouciance ! Au lieu de la santé, le "salut de l'âme" - je veux dire une folie circulaire qui va des convulsions de la pénitence à l'hystérie de la rédemption ! La notion de "pêché" a été inventée en même temps que l'instrument de torture qui la complète, la notion de "libre arbitre" pour brouiller les instincts, pour faire de la méfiance à l'égard des instincts une seconde nature. »

Friedrich Nietzsche , Ecce Homo.

* Semaine du 22 au 29 Mai :


« L'idée que je n'ai jamais cessé de développer, c'est que chacun - en fin de compte - est toujours responsable de ce qu'on a fait de lui, même s'il ne peut rien faire de plus que d'assumer sa responsabilité. Je crois qu'un homme peut toujours faire quelque chose de ce qu'on a fait de lui. C'est la définition que je donnerais aujourd'hui de la liberté : un petit mouvement qui fait d'un homme totalement conditionné une personne qui ne restitue pas la totalité de son conditionnement. »

Jean-Paul Sartre, Saint Genet, Comédien et Martyr.

* Semaine du 15 au 22 Mai :

« Le gaspillage des matières qui servent à la nourriture des hommes suffit seul pour rendre le luxe odieux à l'humanité. [...] Il faut de la poudre dans nos perruques, voilà pourquoi tant de pauvres n'ont pas de pain. »

Jean-Jacques Rousseau.

* Semaine du 8 au 15 Mai :

« Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. »

Milan Kundera, Risibles amours.

* Semaine du 1 au 8 Mai :

« Si tu ne vois pas encore ta propre beauté, fais comme le sculpteur d'une statue qui doit devenir belle : il enlève ceci, il gratte cela, il rend tel endroit lisse, il nettoie tel autre, jusqu'à ce qu'il fasse apparaître le beau visage dans la statue. De la même manière, toi aussi, enlève tout ce qui est superflu, redresse ce qui est oblique, purifiant tout ce qui est ténébreux pour le rendre brillant, et ne cesse de sculpter ta propre statue jusqu'à ce que brille en toi la clarté divine de la vertu. »

Plotin, Ennéades.

* Semaine du 23 au 30 avril :

« Je n'ay rien fait d'aujourd'huy. - Quoy ? Avez-vous pas vescu ? C'est non seulement la fondamentale mais la plus illustre de vos occupations [...] Nostre grand et glorieux chef-d'oeuvre, c'est vivre à propos. C'est une absolue perfection et comme divine, de sçavoyr jouyr loiallement de son estre. »

Michel de Montaigne, Essais III, 13 : De l'expérience.

* Semaine du 19 au 26 janvier :

« Un être ne se construit pas sur des croyances ou des rituels. Il serait trop facile de compter sur des chimères pour faire le travail. »

Jean-Paul Sartre.

* Semaine du 12 au 19 janvier :

« Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit. »

Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse.

* Semaine du 05 au 12 janvier :

« Dans les camps nazis, la conscience résistait et le corps était bafoué sans cesse, tous les jours. Là, dit Robert Antelme, s'est forgée la résistance des âmes et des consciences se refusant à collaborer. En revance, dans le camp planétaire gouverné sans partage par l'ordre capitaliste, le corps est généralement célébré, dans l'hédonisme le plus vulgaire, de sorte que, polarisés sur un rapport narcissique égocentrique et narcissique à soi, convertis aux mérites de cette nouvelle religion de l'amour de soi, les fidèles oublient qu'ils ont aussi une âme. Ils en sont au point où ils ignorent qu'à défaut d'être sollicité, l'esprit est purement et simplement inexistant »


Michel Onfray, Politique du Rebelle.

Novice du Chaos : pause surréaliste et... un peu saccadée.




Cela fait un moment que ni moi ni Nibelheim n'avons pris le temps d'écrire un vrai article sur le blog. Nous nous en excusons aux quelques rares personnes qui, peut-être, suivent l'évolution de Bidulbuk. En vérité, ce n'est pas l'inspiration qui manque, mais plutôt le temps et l'énergie ; en ce qui me concerne, j'ai le projet d'écrire une foule d'articles sur Flaubert, Stendhal, Nietzsche, Sartre, le libertinage et l'éveil de l'esprit philosophique au XVIIe siècle, le matérialisme de La Mettrie, etc., etc. mais le semestre en cours ne m'en laisse pas vraiment le loisir. Ce n'est évidemment que partie remise, et il est pensable que l'activité reprendra avec la fin des examens, le 28 Mai. D'ici là, nous nous contentons de mettre en ligne, de temps à autres, des textes plus ou moins connus, mais qui nous semblent intéressants, qui nous ont marqué d'une manière ou d'une autre.


Aujourd'hui, toutefois, je vais proposer autre chose. Quand je m'ennuie en cours ou quand je ressens le besoin de me libérer de fortes tensions, il m'arrive, entre autres choses, de m'adonner à la pratique surréaliste de l'écriture automatique, donnant ainsi le jour à d'improbables chimères issues des tréfonds de mon inconscient. C'est un de ces textes que je vais mettre en ligne aujourd'hui. Ce n'est pas que je pense qu'il puisse valoir quelque chose aux yeux d'un lecteur étranger, bien que je m'y sois sans doute caché tout entier; mais, ayant toujours trouvé ce genre de textes assez énigmatiques, les appréciant à titre de curiosité, je me suis dit que ça ne coutait rien d'ajouter le mien à la foule de tous ceux que l'on trouve déjà un peu partout ; cela pourra peut-être divertir quelques lecteurs suffisamment libérés de l'esprit de sérieux. Dans le pire des cas, quels sont les risques ? Attirer des personnes ayant l'esprit aussi tortueux que le mien ? Faire fuir les rationalistes et autres sectateurs platoniciens en tout genre ? Décevoir ceux qui arrivent sur le blog via google en espérant y trouver les sacro-saintes réponses à leurs devoirs scolaires ? Vraiment, tout cela serait bien fâcheux...

Il me faut maintenant vous dire, à vous qui avez réussi à lire cet article jusqu'ici sans le fuir, que voici venu le moment où mon être conscient prend congé de vous et de ce billet. Je vous laisse en tête à tête avec cette drôle de chimère, sortie casquée de mon mal de crâne à l'occasion d'un cours de Langue Médiévale. Bonne lecture !

Antisthène Ocyrhoé.


L'anachorète Goulibeurophage.

Platon se cache dans une couleur,
Sculptant une noix de coco
Contre-nature et aéroscalpe.
Bougre l'ombre de mercenaire
Scolopendre dans les yeux
et Jaurès entre les orteils,
Gobeur de vésicules et
Arracheur de Péritoine,
Le Lac Léman ne mouille pas les femmes.
Sauf le Jeudi.
Persil
Gris.




" Appel à tous les tatoués et tatoueurs de France ! "


Faites un acte simple pour protester contre un rapport et un décret aberrants !


Un premier décret réglementant les pratiques de tatouage et de piercing a été publié le 20 février dernier, ignorant les efforts des professionnels – tatoueurs, perceurs, et professionnels de la santé – sur le terrain et leurs revendications en matière de réglementation. Ce premier texte réglementaire a été voté suite à un rapport de l’Académie de médecine qui, au-delà des considérations strictement médicales auxquelles il est censé se vouer, présente le tatouage et le piercing comme traduisant plusieurs « états : perception négative des conditions de vie, mauvaise intégration sociale, souci d’amélioration de l’image de soi, précocité des rapports sexuels avec grand nombre de partenaires, homosexualité, usage de drogues et consommation d’alcool, activités illicites et appartenance à un « gang », mauvaises habitudes alimentaires. »


Estimant ces propos à la fois diffamatoires et homophobes, le Syndicat National des Artistes Tatoueurs a saisi la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) et porté plainte contre l’Académie de Médecine. Chaque personne tatouée, percée, tatoueur, perceur, peut faire un acte simple pour soutenir cette démarche : si plusieurs milliers de personnes portent plainte à l’encontre de l’Académie de Médecine, nous pourrons mettre en lumière l’aberration de ces propos, et en conséquence, l’aberration du contenu de la réglementation que l’administration a décidé d’imposer aux tatoueurs et aux perceurs (en excluant de cette obligation les bijoutiers « perçant » au pistolet !). Notez bien que votre plainte ne vous engage à aucune procédure par la suite : le SNAT prendra en charge toute procédure et frais éventuels. Votre seule action consiste à adresser une lettre en suivant les indications qui suivent : l’avocat du SNAT prendra le relais !

Si vous estimez être personnellement calomnié par le rapport de l’Académie de médecine, prenez simplement quelques minutes de votre temps pour rédiger une lettre dans laquelle vous ferez état de vos tatouages/piercings (avec éventuellement des photos de ces réalisations corporelles) et, en quelques mots, de vos motivations artistiques ou esthétiques, ou plus généralement de la manière dont vous percevez le tatouage et/ou le piercing. Suite à cette courte présentation personnelle, précisez que vous portez plainte contre l’Académie de Médecine pour les propos tenus dans son rapport du 11 décembre 2007 : « Piercings et tatouages : la fréquence des complications justifie une réglementation », en rappelant les propos que vous estimez diffamatoires et homophobes (voir ci-dessus), et en insistant sur le fait que vous vous sentez calomnié par ces propos (n’hésitez pas à parler de votre situation personnelle, familiale,professionnelle, etc. si vous le souhaitez !).

(!) N’omettez pas de préciser les éléments suivants, sans lesquels votre plainte sera irrecevable :
- votre état civil (nom, prénom, date de naissance)
- votre adresse personnelle (ou professionnelle pour les tatoueurs/perceurs)
Il est important que votre lettre soit manuscrite et adressée en RAR (recommandé avec accusé de réception) à :

Tribunal de Grande Instance de Paris
A l’attention de Monsieur le Procureur de la République
4 Boulevard du Palais
75001 Paris

Veillez à faire une copie de votre lettre avant de l’envoyer. Une fois votre lettre RAR envoyée, attendez le retour de votre accusé de réception, puis adressez par courrier simple à l’avocat du SNAT (M. Benjamin MERCIER – 29 Quai St Michel – 75005 Paris) :

- la copie de votre lettre et des éventuels documents joints
- la preuve de votre envoi en recommandé
- l’accusé de réception lorsque celui-ci vous sera revenu

Si chaque tatoué(s)/percé(e)/tatoueur(se)/perceur(se) porte plainte, ce sont potentiellement des centaines de milliers de lettresqui parviendront sur le bureau du Procureur ! De quoi manifester de manière significative notre opposition à une véritable campagne de désinformation et de stigmatisation de nos pratiques, de nos métiers, et de nos passions ! Et de quoi faire valoir notre opposition à une réglementation inadaptée qui risque de faire revenir de nombreux tatoueurs à la clandestinité, mais également de laisser des bijoutiers continuer à percer dans des conditions inacceptables !

Infos et exemple de lettre : www.s-n-a- t .org

Les Confessions.


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Quoi de plus approprié qu'une représentation de Saint Augustin
pour illustrer une série de profondes et sincères révélations ?


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Me voici victime à mon tour de l'implacable tag. Et cela grâce aux soins de ma chère co-scriptrice, Nebelheim ; à moi, donc, de jouer le jeu de cette étrange - mais amusante - chaîne. Si j'ai bien compris le principe, avant de faire six révélations de la plus haute importance concernant ma personne, il me faut rappeler en quoi consiste ce jeu. Les règles sont simples, les voici :

  • Écrire le lien de la personne qui nous a tagué
  • Préciser le règlement sur son blog
  • Mentionner six choses sans importance sur soi
  • Taguer six autres personnes en mettant leur lien
  • Prévenir ces personnes sur leur blog respectif
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Révélations :

  1. J'ai des cornes. Vous ne me croyez pas ? En vérité, moi-même, je suis resté longtemps sans le savoir, mais la lecture et la méditation des philosophes mégariques a mis fin à mon ignorance sur ce point capital. Mais je n'affirme pas, je prouve : J'ai ce que je n'ai pas perdu. Or, je n'ai pas perdu de corne. Donc, j'ai des cornes. Et dire que j'ai failli ne jamais m'en rendre compte ! Merci Eubulide de Mégare !

  2. Selon les chiffres, un homme est écrasé toutes les 30 secondes à New York. Aujourd'hui, grâce à cette chaîne, il est grand tant que le monde apprenne que cet homme, en fait, c'est moi. Je me permets de signifier, à ce propos, que cela est très néfaste pour la santé, donc si quelqu'un voulait bien me suppléer, je lui en saurai un gré infini.

  3. Je fais de façon fréquente des rêves particulièrement étranges, dans lesquels les méchants s'avèrent souvent être des chinois, et où apparait de manière récurrente la sinistre figure du philosophe allemand Arthur Schopenhauer. Si un expert en interprétation des rêves passe par ici...

  4. Je déteste les chips, car cela rend les mains atrocement grasses ! Voilà qui est dit. De plus, cela ne nourrit pas, donne soif, et fait grossir. Je vous vois venir ; vous allez - à juste titre d'ailleurs - me faire remarquer que cela vaut pour une myriade d'autres aliments. C'est exact, mais, pour une raison obscure, mon aversion se cristallise quasi-exclusivement sur les chips. Les pauvres.

  5. Je ne dis jamais ce que je pense être vrai. Notez toutefois que si je ce que je viens d'affirmer est exact, alors je ne pense pas que ce que je viens de dire soit vrai ; auquel cas, je viens de vous affirmer quelque chose que je crois faux. Il faut convenir de même que, si je pense que cela est faux, alors je vous ai confié ce que je pense être vrai ; mais, vous voyez bien que dans ce cas... (Comme vous l'aurez - je pense - constaté durant cette séance de révélations intenses, j'ai un goût prononcé pour les sophismes, les paradoxes et autres énoncés sui-falsificateurs. Quand bien même vous en seriez à douter de mes précédentes révélations - pourtant toutes incontestablement véridiques, je ne crois pas que vous me contesteriez celle-ci.)

  6. J'ai un débilitron dans la tête. Sans doute parce que je suis toujours trop occupé à porpenser, j'ai facilement tendance à réinterpréter sur le mode absurde les paroles venues de l'extérieur. Par exemple, alors que j'étais tout absorbé à méditer l'Homme-Machine de La Mettrie, ma soeur, voulant me faire remarquer que je faisais obstacle entre elle et l'écran du téléviseur, m'interpella en ces termes : "*****, ta tête gêne !" Et bien, moi, en lieu et place de cette réplique, j'ai entendu "T'es (qu') une patate jaune !"... Ce n'est là qu'un exemple parmi une pléthore d'autres, et je ne m'en sortirais pas si je voulais encore vous parler des "canards en mousse du Bali", des "oreilles de janséniste" et autre "il y a des chromosomes lapins sur les restes" qui se substituent dans mon néo-cortex aux propos sensés que mes interlocuteurs auraient voulu y glisser.
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Victimes :


J'éditerai pour inscrire le nom et le blog de mes victimes, quand j'aurai accompli mes méfaits.


Antisthène Ocyrhoé.